Mekele, le 5 février 2012

 Le passage de la frontière entre Djibouti et l’Ethiopie s’est passé au mieux. Cela fait plaisir de tomber sur des représentants de l’autorité pas trop regardant, gentils et assez rapides. Le trajet est un peu monotone, avec un paysage légèrement montagneux. Une terre caillouteuse, aride et même quasi désertique. Mais comme c’est l’axe routier qui relie le port de Djibouti à l’Ethiopie, il est fréquenté par une noria de camions dans les 2 sens. On peut les doubler très facilement car, étant surchargés, ils n’arrivent à monter qu’au pas. Même vitesse en descente pour éviter de casser freins et boites de vitesse. Ceux qui n’ont pu gérer cette regle

balisent tout le trajet avec leur carcasse.Pour nous distraire, nous avons pu voir quelque petites antilopes de désert, peu farouches, et des singes dont une troupe de babouins à crinière qui mendiaient un peu de nourriture au bord de la route. On s’est arrêtés pour les photographier ce qui nous a permis d’admirer de prés les attributs virils du « chef » qui s’était juché sur notre capot. Cette région est peuplée par les Afars qui n’ont pas la réputation d’être hospitaliers. Nous en avons vu quelques uns qui se promenaient avec leur coiffure typique (cheveux longs taillés au carré) mais aussi avec une kalachnikov et le sabre à la ceinture. Cela surprend mais nous n’avons ressenti aucune hostilité.

 Nous avons trouvé un motel avec un très bon accueil pour notre 1ère étape en Ethiopie. Diner à l’éthiopienne : un plateau avec au centre de l’agneau (excellent), sur le bord du piment, le tout accompagné avec du pain et une salade de légumes. Pour dormir nous avons pu utiliser notre auto-tente bien ventilée car il faisait très chaud. En fait, beaucoup de locaux ont dormi sur le parking, sur un lit avec moustiquaire.

 Il nous reste quelques problèmes à résoudre : trouver une prise d’air qui perturbe un peu l’alimentation en gazole de la voiture et, surtout, du gaz (en pénurie à Djibouti et difficile à trouver en Ethiopie) pour remplir nos bombonnes et pouvoir faire la cuisine. Ce dernier problème nous a obligés à modifier le sens de nos visites, en privilégiant d’abord les villes susceptibles d’être approvisionnées. De ce fait nous entamons notre visite du nord à l’envers. Nous sommes actuellement à Mekele et partirons demain pour Axum.

 Du peu que nous avons vu de l’Ethiopie ce que l’on remarque c’est qu’en dehors des villes, tout semble être resté  traditionnelle : habitations, coiffure, habits. Les hommes ont tous un bâton qu’ils portent en travers des épaules.   Beaucoup de monde à pied le long des routes, avec parfois leur troupeaux. Tout le monde est gentil et si on est sollicité (transport ou argent) c’est sans insistance.