ETHIOPIE – Mekele le 10 février 2012

 Nous avons passé la matinée à chercher du gaz, mais sans succès. Par contre, nous avons trouvé un tour pour le Danakil (Nord-est de l’Ethiopie) à un prix raisonnable. Renseignements pris, La zone a été sécurisée par l’armée éthiopienne qui encadre de très prés les groupes qui s’y rendent. La décision a dû être prise très vite car le tour partait après le déjeuner.

 Nous avons été intégrés avec notre propre véhicule à un groupe de 10 touristes répartis dans 3 4x4, avec 3 chauffeurs, un cuisinier, une accompagnatrice. Le circuit de 4 jours comprenait la visite du volcan Erta Ale, puis le Dallol.

 Environ 150 km de piste difficile, car en travaux, pour atteindre la dépression du Danakil. On passe des +2000 m de Mekele à -115 m en quelque heures, mais aussi d’une température de 28° à 45° dans la journée. En cours de route on a récupéré des autorisations d’entrée dans la zone et 2 policiers armés avant d’arriver au village Afar de Amhedila pour le campement du soir.

 Sur la piste, on rencontre un nombre impressionnant de caravanes de dromadaires et d’ânes faisant la navette entre le Danakil à Mekele. Elles transportent du sel vers Mekele en 4 jours et ramènent du fourrage pour les bêtes et divers produits au retour.

 La 1ère journée sur place, nous avons rejoint le volcan Erta Ale par une piste sableuse très chaude où soufflent un vent violent qui soulève beaucoup de poussière et de sable, rendant la visibilité parfois nulle. Déjeuner dans petit village puis arrivée sur site peu après. A cause de quelques inconscients, nous avons entamés immédiatement la marche de 3-4 heures, initialement prévue en fin d’après-midi, conduisant au volcan (600 m d’altitude), escortés par un renfort d’une dizaine de militaires armés. En arrivant au sommet, où se trouve un campement très rustique, nous étions assommés de fatigue à cause de la chaleur. Un dernier effort nous a permis de descendre, à la nuit tombante, dans la caldera pour nous approcher du cratère où bouillonne un lac de lave. Spectacle fascinant et impressionnant la nuit tombée, avec en prime une magnifique pleine lune au dessus. Après avoir regagné le campement et pris un rapide repas, nous avons dormi dans une cahute en pierres ajourées et toit de paille sur des matelas à même le sol. Malgré un vent de sable qui a soufflé presque toute la nuit, la fatigue aidant, nous avons pu dormir. Il faut dire que, pour notre part, nous avons pu profiter de notre matelas gonflable transporté avec le matériel du tour par dromadaires. Cela a créé étonnement et curiosité chez nos accompagnateurs quand nous avons mis le gonfleur en route.

 Réveil à 5h30 pour entamer le retour. Arrivé au « camp de base » où étaient restées les voitures, nous étions affamés, mais heureusement, un bon petit déjeuner nous attendait.

 Pour le retour à Amhedila, à nouveau grosse chaleur (jusqu’à 48°) et en prime l’un des 4x4 du tour en panne.

 Le lendemain, départ à 7h00 pour la zone du Dallol. Nous avons doublé une caravane de chameaux et d’ânes de plusieurs centaines d’animaux, avant de traverser un lac salé presque asséché où elle partait s’approvisionner en plaques de sel. Peu après, on est arrivé sur un site où on ne peut qu’admirer la beauté que la nature sait créer. Le sol, qui est essentiellement du sel, a été sculpté par les intempéries et le vent. Il nous offre différentes formes, allant du bloc tabulaire à une véritable dentelle. Puis, nous est apparu dans un creux, une étendue avec des flaques d’eau salé et acide, quelques « bouches », au sommet de petits cônes, crachant de l’eau bouillante. Ce qui sort des entrailles de la terre, à cet endroit, se transforme en « fleurs minérales » de différentes formes avec des couleurs fluos, allant du blanc au jaune pâle, à l’ocre foncé presque rouge, et du vert pâle au vert foncé. C’est surprenant et magnifique.

 Après un détour pour voir un petit lac aux eaux brunes avec quelques bouillonnements jaunes par endroits, nous avons pris le chemin du retour.

 En repassant par le lac salé, un petit crochet nous a amené sur le site d’extraction du sel. La caravane y était arrivée et tous les hommes étaient à pied d’œuvre. Certains fendaient le sel avec une sorte de hache puis soulevaient une grande plaque. Puis d’autres la taillaient en petite plaques de même dimension et raclaient les impuretés du dessous. Pour finir, les plaques étaient liées par petits paquets, prêtes à être chargées.

 Ce spectacle de centaines d’animaux, et des hommes travaillant en pataugeant dans quelques centimètres d’eau était fascinant. Nous avions vraiment l’impression d’avoir sous les yeux une scène des temps bibliques. Et ces hommes, au travail si rude et pénible, étaient aimables et souriant, ne demandant quasiment jamais quoi que se soit. Une belle leçon de courage.

 Après être revenu au campement pour déjeuner, nous avons pris la route du retour pour Mekele. Peu après le départ, Le 4x4 qui avait eu une panne a rendu l’âme. Les bagages et les passagers ont été répartis dans les autres véhicules (nous avons récupérer l’accompagnatrice, Ababa qui a fait le voyage assise sur la boîte à gants).

 Nous avons décidé de passer 2 nuits à l’hôtel à Mekele pour faire laver sérieusement la voiture, salée et couverte de poussière, et reprendre notre recherche de gaz. Cette dernière a finalement abouti et nous prendrons demain la route pour Axum.

 Le Danakil restera certainement l’un de nos meilleurs souvenirs d’Ethiopie.