Harar, le 22 février 2012

 Nous avons quitté le camp site de Tim & Kim à Gorgora, sur les bords du lac Tana, après plus de 48 h de repos. Nous y avons lié connaissance avec un couple de suisses qui remonte sur l’Europe après un long périple en Afrique qui a débuté en 2009, avec quelques mois d’interruption de temps en temps. Ils nous ont gentiment donné quelques tuyaux sur ce qui vaut la peine (ou non) d’être fait, dans les pays que où nous passerons prochainement.

 Nous avons donc repris la route vendredi 17/02 pour nous rendre à Lalibela, haut lieu de l’église orthodoxe éthiopienne. La route est montagneuse, comme dans tout le nord du pays. Nous avons circulé presque tout le temps entre 2000 et 3800 m. Toujours du monde sur les routes (humains et animaux). Il est difficile de trouver un coin tranquille quand on veut s’arrêter pour pique-niquer ou autre… Dans les villages, il ya encore plus de monde et les taxis-brousse qui s’arrêtent en double, voir triple files, n’arrangent pas la circulation. Tout cela conjugué ne permet pas de dépasser 40 à 50 km/h de moyenne. Mais c’est bien, car on a le temps de regarder.

 Nous sommes arrivés à Lalibela (2400 m) en fin d’après-midi et nous sommes installés pour camper dans la cour d’un hotel, avec accès à une chambre pour les toilettes et la douche sales et délabrées, comme la plus-part du temps, mais bon…

 Ce soir là, nous sommes allés goûter au plat national, l’injera, sorte de grande crêpe servie dans un plateau avec de la viande et des légumes. On déchire un morceau de crêpe que l’on garni avant de le porter à la bouche, et tout cela uniquement avec la main droite. Pendant le repas, une femme officiait pour préparer du café selon le rituel local avant de le faire goûter aux clients.    

 Le lendemain matin, nous avons pris un guide pour la visite des églises de Lalibela. Elles ont la particularité d’avoir été creusées dans la roche du sol (du tuf), et de n’être donc pas visible de loin. Une tranchée de plus ou moins 12 m a été creusée pour dégager un gros bloc, lequel a ensuite été creusé et sculpté, en partant du haut. Ces églises sont de différentes tailles, pas très grandes voir parfois très petites, et ont comme autre particularité d’être reliées, pour certaines d’entre elles, par des boyaux étroits, creusés eux aussi dans la roche.

 Le jour suivant, départ pour Combolcha, ville étape pour nous, à 35 km de la petite ville de Bati ou se tient tous les lundis le plus grand marché d’Ethiopie. Nous avons pris un guide pour la visite de ce marché qui nous a pris la matinée. Là, c’est une impression de retour au moyen-âge. Des petits passages qui grouillent de monde délimitent les différents secteurs du marché, avec aussi quelques « parkings » pour les ânes et les dromadaires servant au transport.

 Cela va des fruits aux légumes (avec un secteur piments séchés où tout le monde tousse, y compris les locaux) à la quincaillerie, tailleurs, tissus etc.… Un peu à part, le marché aux bestiaux avec là encore des secteurs séparant chèvres et moutons, bovins, ânes et dromadaires.

 Différentes ethnies se côtoient sur ce marché où les gens sont priés de venir sans leurs armes. Beaucoup de couleurs, de coiffures, de costumes différents. Vraiment à voir.

 Après avoir déjeuné, nous avons repris la piste (qui se termine par du goudron en grande partie défoncée) qui nous a amenée au parc d’Awash où coule la rivière du même nom. En cours de route, nous avons pu voir quelques autruches, des babouins et des antilopes oryx.

 Nous sommes arrivés à la tombée de la nuit au parc où on nous a laissé tout de même entrer pour rejoindre le camp site 11 km plus loin, au bord de la rivière. Ce n’est qu’un terrain couvert de quelques grands arbres, réservé au camping mais sans aucune installation. Nous étions seuls. Après une bonne nuit, nous avons pris notre petit déjeuner en compagnie de 2 petits singes et de 2 petite antilopes dick-dick, à peine plus grande qu’un lièvre. Un court circuit nous a amené aux chutes de la rivière Awash au bas desquelles nous avons pu voir quelques crocodiles, grâce à l’œil exercé d’un vieux garde qui se trouvait là et s’est fait un plaisir de nous les montrer.

 En repartant 3 grands koudous ont traversé la piste devant nous, et ensuite nous avons revu des oryxs sur la route de Harar où nous nous rendons.