Tshipise (Afr. du Sud), le lundi 30 avril 2012

Nous sommes entrés au Zimbabwe le 13 avril, par le poste frontière de Chirundu. Comme pour la Zambie, les formalités sont assez onéreuses (visas, taxe carbone et assurance). Mais ce qui surprend le plus (et agace un peu) c’est la quantité de contrôles et de tampons à obtenir qui multiplie les attentes aux guichets. Nous avons même eu droit pour la 1ère fois à un bureau « Interpol ». Mais finalement, nous sommes passés sans problème car, en fait, tous les préposés sont gentils et donnent l’impression, pour la plupart, d’attendre que le temps passe tranquillement. Autre particularité, la monnaie locale n’a plus cours et est remplacée par le dollar US, d’ailleurs seule monnaie distribuée aux guichets automatiques des banques.

Le territoire Zimbabwéen est couvert de réserves et parcs nationaux.  Dés le poste frontière le ton est donné. Des gros babouins récupèrent sur le parking et la route tout ce qui est tombé des camions et qu’ils peuvent manger, cela au milieu des véhicules et des gens. En plus, à peine reparti, nous avons vu sur la route beaucoup de crottes d’éléphants. La route longe la grande réserve de Mana Pools, qui est au bord du Zambèze. Elle est sans doute la plus belle du pays et nous y sommes donc allés.

En cours de route, nous avons eu notre 1er « tsé-tsé fly contrôle ». Vérification de la présence de mouche tsé-tsé écrasée sur la voiture et petit coup de bombe à l’intérieur pour désinfecter.

A la barrière d’entrée du parc, pendant qu’un éléphant traversait  la piste, la préposée nous a expliqués que, là encore, il faut d’abord aller chercher l’autorisation (à 5 km), puis revenir, être enregistré avant d’entrer, et que c’est aux bureaux à l’intérieur du parc que l’on paye les entrées et le campsite.

Le camp est situé au bord du Zambèze, dans un décor de rêve. Plusieurs blocs sanitaires très bien tenus, avec douches chaudes, sont à la disposition des campeurs, répartis sur différentes parcelles. Le camp n’est pas clôturé et il faut donc faire attention le soir et la nuit quand on se déplace. Notre parcelle étant un peu plus éloigné, nous avons pu entendre et voir, en fin de nuit, de notre tente de toit, un hippo qui broutait à 15 m de la voiture. Et tous les matins, en se levant, nous avions beaucoup d’impalas autour de nous. Notre dernière nuit ici, l’hippo est revenu, encore plus prés de nous. Cette nuit là, nous avons mal dormi car réveillé plusieurs fois par des cris très forts et très proches que nous n’avons identifiés que le lendemain. C’était des males Impalas qui se battaient, la période du rut étant, pour eux, arrivée. La veille, en rentrant à la tombée de la nuit, nous avions vu une hyène pas loin du camp. 

Nous sommes restés 4 jours à Mana Pools et nous sommes régalés les yeux, non seulement avec les animaux, mais aussi avec les paysages. Ils sont différents suivant les endroits. Petite forêt un peu touffue, très beaux arbres sur de la prairie bien verte, étangs, savanes se succèdent. Et le Zambèze est vraiment un fleuve magnifique avec des ilots verdoyants au milieu. Il est peuplé d’hippopotames, dont on entend les grognements de jour comme de nuit, de crocodiles discrets, et de beaux poissons qui font le bonheur de quelques pêcheurs. Ses berges attirent de multiples animaux et il nous offre des levés et des couchés de soleil somptueux.

Le campsite est régulièrement visité le matin par des vervets, petits singes très voleurs. Nous étions prévenus et en avions déjà fait l’expérience en Tanzanie, mais nous sommes encore fait avoir cette fois. Un paquet de biscuit dans la voiture et, derrière le dos d’Anita qui préparait le petit déjeuné, la boite de lait en poudre ont été chipés sans bruit et en un rien de temps. 

Nos ballades sur les pistes de Mana Pools nous ont permis de voir, bien sûr beaucoup d’antilopes (surtout des impalas), des éléphants, phacochères, zèbres, babouins, différentes sortes d’oiseaux, mais aussi des lions, des buffles et, pour la 1ère fois, des lycaons. 

Nous les avons repérés en fin de journée, grâce aux nombreux vautours qui les accompagnent et ont attiré notre attention. Nous n’avons pas respecté le règlement et avons quitté la piste pour nous approcher sans que cela les dérange. Mais cette 1ère rencontre a été écourtée par une antilope qui passait à côté. La meute s’est aussitôt mise à sa poursuite. Tout le monde a disparu derrière les fourrés et nous ne saurons jamais la fin de cette histoire. Le lendemain nous avons retrouvé la meute dans le même coin, à peu près à la même heure, en partie couchée sur la piste, et toujours accompagnée des vautours. 

A midi, pour l’arrêt piquenique, nous choisissions un coin ombragé avec un point de vue sur des animaux et, par prudence, mangions à l’intérieur de la voiture.

En quittant la réserve, sur la piste du retour, 2 belles rencontres pour nous dire au revoir. Une belle lionne allongée sur le bord et qui s’est laissée approcher à 3 m. A côté, sous l’ombre des arbustes, 2 autres beaux spécimens. La taille de ces bêtes, leur proximité et leur regard froid et indifférent nous ont un peu impressionnés. Un peu plus loin, un bel éléphant a traversé la piste devant la voiture.

Après Mana Pools, direction le lac Kariba. Ce dernier, 290 km de long sur 32 de large est issu de la construction d’un barrage sur le Zambèze. Nous avions choisi d’aller voir plusieurs endroits au bord du lac. D’abord Kariba, où il ya une belle marina et ou on peut prendre un ferry, mais sans attrait particulier pour nous, hormis les points de vue sur le lac. Puis direction Bumi Hills par une jolie piste mais qui devient, avant la fin, infernale. 2 heures pour faire une portion de 20 km, en zone montagneuse, totalement ravinée. Avec ce retard, la nuit est arrivée avant que nous soyons à destination et, malgré des explications exactes nous n’avons pas trouvé le bon bout de piste final. On devrait, en fait, plutôt dire chemin. Après plusieurs allers-retours sur différents chemins, 2 jeunes adolescents qui nous renseignaient nous ont proposé de venir camper chez eux, ce que nous avons accepté car il était presque 21 h. Autant dire que nous avons suscité énormément de curiosité dans cette famille de paysans avec tous nos équipements de « raiders ». Ils se sont d’ailleurs installés sur des sièges autour de nous, commentant en rigolant notre installation et la préparation de notre dîner. Pour les remercier, nous avons offerts, le lendemain, aux gamins un beau ballon de foot qui les a ravis (ils nous avaient parlé de Zidane) et promis de leur envoyer les photos prises sur place. Du coup, ils nous ont guidés jusqu’à Bumi Hills, à 10 km de là. La piste tant recherchée ressemblait à un vague chemin envahi par les herbes. En fait, Bumi Hills se résume à un lodge de luxe qui va chercher ses clients sur un petit aérodrome de brousse attenant, a ses véhicules de ballade et ses bateaux pour la pêche et la promenade sur le lac. Beaucoup de traces d’éléphant sur la piste et au retour, rencontre avec quelques-uns.

Après Bumi Hills, nous avons écourté nos visites des bords du lac Kariba ainsi que celles que nous pensions faire de 2 réserves sur la route de Victoria Falls. Les prix étaient trop élevés pour le peu de temps que nous pouvions y passer. En fait, nous recherchions un campsite mais il n’y en avait que dans les réserves. Du coup, nous avons commencé à faire nos premiers bivouacs en brousse. Il y a un peu de monde partout, mais les gens aux Zimbabwe ne sont pas collants et dérangeants comme ceux d’Afrique de l’Ouest. Ils saluent et passent. Certains viennent discuter 5 mn, demandant par curiosité d’où nous venons, mais cela s’arrête là.

Nous n’avons fait que des rencontres sympas, sauf 2 ou 3 fois sur la route, à des contrôles de police qui ont voulu nous piéger, mais sans succès. Il faut dire qu’à chaque gros village ou ville, il ya un barrage à l’entrée puis un autre à la sortie. Prochaine étape, Victoria Falls.