Bordeaux, le 15 août 2012

 D’Afrique du Sud, pour passer en Namibie, nous avons quitté la côte Atlantique, direction Nolloth et le Transfrontier Park, à cheval sur les 2 pays. Les formalités ont été très rapides et peu onéreuses, ainsi que la traversée, sur un petit bac, du fleuve Orange qui délimite la frontière.

 Dans le parc, une excellente piste longe le fleuve vers l’Est, jusqu’à Ai-Ais. Très beaux paysages de montagne désertique, avec des variations de couleurs et de formes que ne peuvent totalement reproduire nos photos. Petit à petit, nous sommes montés en altitude à plus de 1500 m. Dans le même parc, nous sommes allés admirer le Fish River Canyon (le plus grand après celui du Colorado) où serpente, 500 m plus bas, la rivière qui l’a creusé. Là encore, on peut admirer un site grandiose. Il existe, pour les adeptes de la marche en terrain accidenté, un chemin de randonnée qui permet de rejoindre Ais-Ais en 5 jours.

 Après le Fish River Canyon, retour vers la côte Atlantique, direction Lüderitz. En chemin, nous avons pu constater le peu de population qui vit dans ce pays. Des fermes isolées, perdues sur d’immenses savanes en altitude, toujours clôturées et où on peut voir de loin en loin des troupeaux, essentiellement bovins, ou quelques autruches ou antilopes. Autre surprise, ce que nous pensions être des agglomérations n’étaient souvent qu’une ferme, faisant hôtel et/ou camp site, et parfois station-service.

 Sur la route nous avons pu voir des chevaux sauvages, près de Aus, ainsi que quelques autruches et oryx, avant d’aborder de grandes dunes où soufflait beaucoup de vent en approchant de Lüderitz. Cette petite ville, au bord de la mer, a conservé en partie l’aspect que lui avaient donné ses fondateurs allemands. La population parle d’ailleurs d’avantage cette langue que l’anglais. Après une visite rapide de la ville et d’un site battu par les vents où Bartolomeo Diaz, navigateur explorateur du 15e siècle, avait fait ériger une croix, nous sommes revenus faire étape à Aus. Après une nuit fraiche (nous étions à près de 2000 m d’altitude), nous nous sommes dirigés vers Sesriem, plus au nord. Jolie piste, bien roulante, où alternent des paysages de montagnes arides et de savanes couvertes d’herbes blondes sur lesquelles tranchent des buissons verts foncés. Notre objectif : le site de Soussusvlei qui possède une belle étendue de grandes dunes de couleur orange. Dès 6h00 les visiteurs, dont nous faisions partie, engagent leur voiture sur les 60 km de route amenant aux dunes, pour arriver à leur pied au levée du soleil. Nous nous sommes régalés les yeux avec toutes ces belles ondulations dont les couleurs et les ombres évoluent tout au long de la journée.

 Le lendemain, nous avons repris la piste pour atteindre Walvis Bay, le seul port de commerce de la Namibie. Etrange ambiance dans ce port construit au milieu des dunes et qui est presque toujours dans la brume. Là commence le désert du Namib qui s’étend jusqu’en Angola du sud. Après nous être ravitaillés en argent et vivres frais, nous avons poussé jusqu’à la petite ville balnéaire de Swakopmund, plus au Nord, pour y faire étape. 35 km de brume et de vent de sable sur la route qui longe la côte sableuse. Le caravan park, bien que situé en bord de mer, était bien équipé et bien abrité et nous avons pu y passer une bonne nuit.

 Nous sommes repartis par une piste salée (on a l’impression d’être sur du goudron) vers la « skeleton coast ». En passant, nous nous sommes arrêtés une petite heure à un parc qui abrite une importante colonie d’otaries. L’aménagement du site permet d’approcher de très près ces gentilles bêtes, mais il faut avoir le cœur bien accroché. Malgré l’air du large, l’odeur est tout simplement insupportable. 5 km d’éloignement pour pique­niquer se sont avérés insuffisant. Il a fallu en faire le double pour ne plus avoir l’odeur que nous faisait suivre le vent.

 Nous avons quitté la « Skeleton Coast » bien avant d’arriver dans sa zone interdite (à cause des mines de diamant) pour nous diriger, plein Est, vers le massif aride du Brandberg. La piste traverse une zone totalement désertique où nous avons pu voir  nos 1ers welwitshias, cette plante étrange qui ne pousse que dans le Namib. Elle n’a que 2 grandes feuilles épaisses, plus ou moins déchiquetées par le vent, qui partent d’une base constituée de bois dur qui poussent à l’horizontal et forme comme 2 lèvres. Le brouillard dépose sur les feuilles des gouttelettes d’eau qui, en glissant, lui permettent de s’irriguer et de vivre dans ce désert. Les plus anciennes auraient entre 1000 et 2000 ans.

 Dans le massif du Brandberg, la piste est devenue de plus en plus sauvage au fur et à mesure que nous montions, s’amenuisant, traversant des canyons caillouteux, elle était parfois tout juste marquée. Après quelques hésitations, nous somme finalement arrivés à un poste de contrôle où on nous a remis un petit plan de route. Dans le parc, peu d’animaux visibles et nos espoirs de rencontrer des rhinocéros noirs sont restés vains. Nous avons fait un bivouac en pleine nature et, après une nuit fraîche (nous étions en altitude comme presque partout en Namibie), nous sommes arrivés à Twyfelfontein. Au passage nous avons rencontré différentes antilopes et visité le site de « Organ Pipe », un pan de montagne en forme d’orgue, avant de pousser, pour l’étape du soir, jusqu’à Palmwag.