Bordeaux, le 17 août 2012

 Après la traversée du massif du Brandeberg, nous avons poussé jusqu’à Palmwag par une piste aux allures de montagnes russes, pour faire étape dans un excellent camp site au bord d’un petit cours d’eau. Le lendemain,  arrivée à Opuwo,  au pays des Himbas. Cette ethnie vit à cheval sur le Sud de l’Angola et le Nord de la Namibie. Elle présente quelques similitudes avec celle des Hamers d’Ethiopie. Comme elle, ce sont des éleveurs nomades, les femmes s’habillent avec une peau de bête, gardent les seins nus et s’enduisent les cheveux de graisse mélangée à de l’ocre rouge. Pour visiter un village, nous avons poussé jusqu’à la frontière angolaise, à Epupa Falls. Accompagnés par une Himba libérée des traditions et aussi d’un peu de nourriture de base, nous avons passé 2 h avec une famille, dans son village. Il n’y avait que des femmes et des enfants, les hommes gardant leurs troupeaux. Démonstration de coloration du corps, de parfum, de parure, visite d’une hutte et finalement proposition de bijoux et autres objets fabriqués au village. Finalement, bien que très touristique, nous avons trouvé notre visite intéressante et ne l’avons pas regrettée.

 Notre visite au pays des Himbas s’est poursuivie en empruntant une piste très peu fréquentée qui nous a fait passer par la Van zyl’s Pass. Cette dernière ne peut se prendre que dans le sens de la descente tant elle est abrupte et caillouteuse. Nous avons mis 2 h 30 pour en  faire les 13 km, en nous arrêtant assez souvent pour ré empierrer. En bas de la passe, nous avons rejoint une piste, sablonneuse celle-là, qui nous a ramenés sur la frontière angolaise. La région, appelée « Marienfluss », présente un paysages de grande plaine d’herbes sèches, encadrée par des montagnes. On y rencontre quelques oryx et springboks. Après une nuit au camp site tenu par des Himbas, nous sommes revenus à Opuwo, que nous n’avions fait que traverser à l’aller, par une autre piste, avec des beaux paysages de montagne aride. Nous y avons fait des courses au supermarché, devant lequel on a pu voir des femmes de l’ethnie Herero, dans leur accoutrement traditionnel : coiffe avec 2 cornes et jupes à taille très haute recouvrant de nombreux jupons. Dans les allées du supermarché on croise, image anachronique, des femmes Himbas en tenue traditionnelle et aux seins nus.

Après nous être ravitaillés, nous sommes repartis en direction du Nord-Est, vers la bande de Caprivi. Au passage, nous sommes allés voir à Grootfontein comment se présentait la très grosse météorite de Hoba : 54 t de métal, essentiellement du fer, tombés du ciel il y a 80000 ans. Le désert namibien serait l’endroit du monde le plus « visité » par les météorites, sans que l’on sache pourquoi. Après cela, direction Tsumkwe pour traverser le Khaudum Park. Là nous avons commencé à avoir vraiment froid de la tombée de la nuit au petit matin (5°), ce qui n’est pas idéal pour camper. Heureusement que tous les camps sont équipés de douches avec de l’eau chaude. La visite du Khaudum Park nécessite obligatoirement un véhicule 4x4 bien équipé, avec des réserves en eau, nourriture et carburant car il est peu fréquenté et comporte pas mal de pistes très sablonneuses où on peut se « planter ».

 Comme presque toujours, nous étions seuls. Nous n’avons pu voir des animaux qu’aux points d’eau car la végétation arbustive couvre une grande partie du parc. C’était essentiellement des éléphants, que nous avons pu observer à loisir en piqueniquant à un point d’eau. Les groupes se succédaient, mais à chaque fois, les nouveaux arrivants semblaient attendre un peu que leurs prédécesseurs commencent à partir avant d’occuper la mare à leur tour. Pour la nuit, peu de choix. Un camp laissé à l’abandon, car trop souvent saccagé par les pachydermes attirés par la présence de l’eau des blocs sanitaires. Pour nous rassurer et nous réchauffer, nous avons

fait un bon feu à l’emplacement réservé au barbecue. Nuit encore froide jusqu’au matin. Du coup, nous avons plié bagage et avons avancé jusqu’à ce que le soleil chauffe suffisamment pour pouvoir prendre le petit déjeuner et faire notre toilette, tout en ayant un œil sur nos arrières à cause des fauves présent dans ce parc. Pour effectuer les 30 derniers km, nous avons dû dégonfler un peu les pneus tant la piste était sablonneuse, et avec des ornières très profondes.

Après avoir regonflé nos pneus en retrouvant le goudron, nous avons suivi la route menant à la frontière du Botswana, matérialisée par le fleuve Okawango. Nous avons passé notre dernière nuit en Namibie à Bagani dans un camp site au bord de ce fleuve, « bercés » par les grognements des hippopotames.